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juin 2026

Investir, innover, accompagner vos projets !

Edito

Un nouveau cycle s'ouvre

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Karim MEBAREK
CCO - BOURBON
3 min

Ces dernières années ont profondément transformé notre Groupe. Après une période de restructuration et d’assainissement financier, nous avons retrouvé une base solide. Cette étape n’était pas une fin en soi : elle marque surtout le début d’un nouveau chapitre. Aujourd’hui, nous avançons avec une ambition claire : consolider nos positions, renforcer notre efficacité opérationnelle et continuer à accompagner nos clients dans les régions les plus dynamiques du marché offshore. 

Cette transformation s’est notamment traduite par une évolution majeure de notre flotte. La restitution à la banque ICBCL d’environ quarante navires aurait pu constituer une rupture. Elle a au contraire été l’occasion de démontrer notre capacité d’adaptation. Grâce à une gestion fine de nos contrats et de nos ressources, nous avons su réorganiser notre flotte, réactiver certains navires, mobiliser nos unités disponibles et intégrer de nouvelles constructions, notamment dans le segment des crew boats. Cette dynamique s’est également traduite par le renforcement significatif de notre flotte depuis le début de l’année, avec l’acquisition, la réactivation et la mise en service de treize nouveaux navires de support offshore, comme nous le détaillons dans cette édition. 

Cette agilité nous a permis d’assurer une continuité totale pour nos clients et maintenir nos opérations sans disruption. 

Au-delà de ces ajustements, l’essentiel est ailleurs : malgré ces changements, nous demeurons un acteur de premier plan du secteur. Notre flotte et notre présence internationale continuent de nous positionner comme un partenaire clé pour les acteurs majeurs de notre industrie. En témoigne la confiance que nous accordent nos partenaires et de notre capacité à nous inscrire durablement dans les projets structurants de l’oil&gas. 

Plus largement, nous observons une recomposition géographique du marché, avec l’Atlantique Sud qui s’impose comme l’un des pôles majeurs du développement offshore mondial : le Guyana poursuit sa montée en puissance, tandis que le Suriname et la Namibie attirent une attention croissante. Parallèlement, l’ouverture progressive du Mozambique renforce l’intérêt stratégique de l’Afrique australe. Notre stratégie consiste donc à accompagner ces dynamiques en consolidant notre présence dans nos zones historiques – Afrique et Amériques – tout en restant attentifs aux nouvelles opportunités. 

Enfin, ces perspectives s’inscrivent dans un contexte de marché contrasté mais globalement dynamique. Sur certains segments, notamment les grands PSV, la demande est particulièrement soutenue. Le manque de nouvelles constructions et le vieillissement de nombreux navires créent une tension croissante sur l’offre disponible, tandis que les nouveaux projets offshore en Atlantique et dans d’autres régions absorbent progressivement les capacités existantes. 

Dans ce paysage en mouvement, notre priorité reste la même : rester proches de nos clients, anticiper les évolutions du marché et maintenir un haut niveau d’exigence opérationnelle. 

La page qui s’ouvre aujourd’hui est donc celle d’un Groupe plus agile, recentré sur ses forces et résolument tourné vers l’avenir. Les transformations engagées nous donnent désormais les moyens de saisir les opportunités d’un secteur en pleine recomposition. 

Et l’histoire que nous écrivons ensemble ne fait que commencer.

Edito
Paroles d'expert

Fiabilité moteur : l'équation gagnante

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Jakub Kopiszka
Sales Manager - MG Marine Power Solution
5 min

Garantir la disponibilité des équipements est un enjeu clé pour les opérations maritimes. Maintenance préventive, gestion des pièces critiques, solutions modulaires : Jakub Kopiszka, Sales Manager chez MG Marine Power Solution, partage son retour d’expérience et sa vision de l’évolution de la maintenance moteur dans le secteur maritime. 
 

D’un point de vue technique et opérationnel, quels sont les facteurs clés qui garantissent la fiabilité et la disponibilité à long terme des moteurs Caterpillar ?

D’un point de vue technique et opérationnel, La fiabilité et la disponibilité des moteurs reposent sur trois éléments principaux : la robustesse de leur conception, une maintenance rigoureuse et de bonnes pratiques d’exploitation. 

La maintenance préventive constitue la base, avec des opérations régulières comme les vidanges, le remplacement des filtres et les inspections. Elle est aujourd’hui renforcée par des approches prédictives, telles que l’analyse d’huile et le suivi des paramètres moteurs en temps réel. Vous seriez surpris de ce que l’on peut détecter plusieurs semaines avant une panne : particules métalliques anormales, contamination, dégradation de la viscosité. C’est l’un des outils les plus rentables disponibles, et pourtant il reste encore sous-utilisé dans l’industrie. 

La gestion de la lubrification joue également un rôle essentiel. Le choix de l’huile, le respect des intervalles de vidange et le contrôle des contaminations sont déterminants, car de nombreuses défaillances sont liées à une dégradation de la lubrification plutôt qu’à un défaut de conception. 

L’intégrité du système de refroidissement est un autre point clé : un entretien rigoureux des échangeurs, thermostats et du liquide de refroidissement permet d’éviter les risques de surchauffe, de corrosion ou de cavitation. 

Enfin, le facteur humain reste déterminant. Une part importante des pannes provient d’erreurs de manipulation ou du non-respect des procédures. Une bonne formation des équipes et un accès rapide au support technique permettent donc de réduire significativement les risques et d’assurer la fiabilité des moteurs sur le long terme. 

 

Comment le dispositif de stock de sécurité dédié permet-il de sécuriser les opérations de maintenance et de réduire les temps d’arrêt des équipements ? 

Ce projet me tient particulièrement à cœur, car il est né de l’écoute des besoins concrets du terrain. Avant la mise en place du stock de sécurité, une panne sur une pièce critique pouvait immobiliser un moteur pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, le temps de recevoir la pièce. Dans les opérations maritimes, ces délais ont un impact direct sur les plannings et les engagements contractuels. 

Le stock de sécurité agit comme un véritable tampon : en identifiant les composants critiques et difficiles à obtenir rapidement, nous avons pu anticiper leur disponibilité. Ainsi, en cas de problème, la réponse se compte désormais en heures plutôt qu’en semaines. Cette approche proactive peut réduire jusqu'à 40% les immobilisations imprévues des navires. 

Au-delà de la disponibilité des pièces, ce dispositif renforce aussi la confiance dans la planification de la maintenance. Les équipes peuvent intervenir dès les premiers signes d’alerte et programmer les réparations pendant des fenêtres de maintenance prévues, plutôt que de subir des pannes. 

Enfin, ce stock n’est pas figé : il est régulièrement réévalué et ajusté en fonction de l’exploitation et des besoins réels. C’est un outil dynamique, conçu pour accompagner durablement la performance opérationnelle. 

 

Pouvez-vous expliquer ce qu’est un moteur « long block » et quels avantages cette solution offre en termes de délais d’approvisionnement, de coûts et de flexibilité technique ? 

Un long block correspond au cœur du moteur déjà assemblé : bloc moteur, vilebrequin, arbres à cames, bielles, pistons, chemises, culasses et système de distribution. Les autres composants peuvent généralement être récupérés sur le moteur endommagé — environ 85 % des pièces étant réutilisables après une panne. 

Son principal avantage est le gain de temps. Plutôt que de rechercher et assembler de nombreuses pièces lors d’une défaillance majeure, un module central prêt à être installé est déjà disponible en stock. Cela réduit fortement le délai entre la panne et la remise en service du moteur, d’autant plus que la livraison d’un moteur neuf peut dépasser 40 semaines. 

Cette solution a déjà fait ses preuves dans la flotte Bourbon, notamment sur les navires Bourbon Trieste, Bourbon Liberty 320, Bourbon Calm et Bourbon Explorer 510, avec des gains significatifs en temps et en coûts. 

L’installation d’un long block permet également de réduire les heures de main-d’œuvre à bord, car la plupart des composants internes sont déjà assemblés. Enfin, comme il s’agit de pièces de rechange et non d’un moteur neuf, le moteur conserve son numéro de série et ses certificats existants, ce qui simplifie les démarches administratives. 

Pour des opérations où la continuité de service est essentielle, disposer d’un long block en stock constitue ainsi un levier efficace pour renforcer la résilience opérationnelle. 

 

Quels leviers techniques ou retours d’expérience peuvent aider les opérateurs à mieux prévenir les pannes moteur ? Et comment la maintenance technique dans le secteur maritime va-t-elle évoluer dans les années à venir?

 La plupart des pannes moteurs sont précédées de signes avant-coureurs ; l’enjeu est donc de disposer des outils et des pratiques permettant de les détecter à temps. Parmi les solutions les plus efficaces figurent l’analyse d’huile, l’outil de surveillance MG Engine Link et les Smart Glasses en réalité augmentée, idéalement utilisés de manière complémentaire. 

MG Engine Link permet un suivi et un diagnostic du moteur en temps réel, tandis que les Smart Glasses facilitent l’assistance technique à distance et le dépannage à bord. Ensemble, ces outils offrent une vision complète de l’état du moteur et de ses performances. 

Au-delà de la technologie, les retours d’expérience opérationnels restent essentiels : chaque panne doit être analysée pour comprendre ses causes et améliorer les pratiques de maintenance. 

Enfin, la technologie ne remplace pas le partenariat entre fournisseur et opérateur, elle le renforce. Les données doivent être interprétées, les pièces disponibles au bon moment, et la collaboration étroite entre les équipes permet de transformer l’information en action. C’est précisément l’approche développée avec BOURBON depuis 2022, et qui devrait prendre encore plus d’importance à l’avenir.  

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Paroles d'expert
Ils témoignent

Une première pour BOURBON : un PSV transformé en unité de Gravel Pack

2 min

À la demande d’un client de l’industrie pétrolière, un PSV (Platform Supply Vessel) de BOURBON a été mobilisé pour une opération inédite dans son histoire : un gravel pack. Pour la première fois, un navire habituellement dédié au transport logistique offshore a été entièrement reconfiguré pour devenir une plateforme industrielle temporaire dédiée à la complétion d’un puits. 
Cette opération marque une évolution notable dans l’usage des navires de support, capables d’être adaptés à des missions techniques complexes en dehors de leur périmètre habituel. 
 

Le principe du gravel pack intervient avant la mise en production d’un puits. Il consiste à injecter dans le forage un mélange de brine (fluide technique) et de gravier calibré, destiné à former un filtre naturel. Ce dispositif retient le sable et les particules solides tout en permettant la circulation des hydrocarbures, assurant ainsi la stabilité et la performance du puits sur le long terme. 

Pour répondre aux exigences de cette opération, le PSV a été transformé en véritable unité de traitement mobile. Son pont a été équipé d’installations industrielles complètes permettant de stocker, préparer et conditionner le mélange directement à bord. Silo de grande capacité, systèmes de pompage, unités de filtration et structures métalliques de support ont été intégrés et fixés sur le navire. 

Cette transformation a nécessité un important travail d’ingénierie en amont afin de garantir la stabilité du navire malgré l’ajout de charges lourdes et concentrées. La conception des structures, la résistance du pont et la capacité à maintenir une position dynamique à proximité des installations de forage ont fait l’objet de validations techniques strictes. 

Au-delà de l’aspect technique, le navire a également été intégré dans une organisation projet inhabituelle. En plus de son équipage, des équipes spécialisées sont venues à bord pour piloter l’opération, transformant temporairement le PSV en base de travail et de vie pour l’ensemble des intervenants. Cette coactivité a nécessité une coordination renforcée et une application rigoureuse des standards de sécurité offshore. 

Si l’intervention elle-même ne dure que quelques jours, son impact est durable : le filtre installé dans le puits reste en place pendant toute sa durée de production, conditionnant directement la qualité et la continuité de l’exploitation. 

Cette première opération de gravel pack réalisée à bord d’un PSV illustre la capacité d’adaptation des moyens offshore et ouvre la voie à de nouveaux modèles d’utilisation des navires de support offshore, plus flexibles et plus intégrés aux opérations techniques des champs pétroliers.  

Ils témoignent
Réussir ensemble

13 nouveaux navires, un investissement de 180M$

2 min

Depuis le début de l’année 2026, BOURBON a renforcé sa flotte avec 13 nouveaux navires de support offshore, représentant un investissement de plus de 180 millions de dollars. Cette expansion, soutenue par les nouveaux actionnaires du Groupe, illustre sa capacité à mobiliser rapidement des actifs adaptés aux besoins des marchés offshore.
 

Dans ce cadre, BOURBON a acquis six navires diesel-électriques auprès de Minsheng Financial Leasing (cinq PSV et un AHTS de 80 tonnes), ainsi que deux PSV de grande capacité auprès de la banque ICBCL, le Bourbon Front et le Bourbon Clear

Parallèlement, deux AHTS diesel-électriques ont été réactivés, démontrant la capacité de BOURBON à remettre rapidement en opération des actifs existants pour répondre à la demande du marché. 

Le développement de la flotte s’est également poursuivi avec la livraison du Bourbon Evolution 810, navire subsea de dernière génération destiné aux opérations d’Inspection, Maintenance & Repair en eaux profondes. Livré à Singapour, le navire est entré en opération dès le 7 mai en Malaisie pour une opération de Survey, équipé d’un ROV UHD BOURBON, avant d’enchainer avec un contrat long terme en Asie du Sud au deuxième trimestre 2026. 

Enfin, deux crew boats de 27 mètres, livrés fin 2025 au Congo, ont débuté un contrat de cinq ans, illustrant la nouvelle génération de navires développée par le Groupe. 

Pour Gaël Bodénès, CEO de BOURBON, cette dynamique confirme les effets de la transformation engagée : « En quelques mois, nous avons renforcé notre flotte, mobilisé des investissements significatifs et remis rapidement des navires en opération pour nos clients. » 

« Soutenue par les améliorations opérationnelles mises en œuvre, la situation financière de BOURBON est aujourd’hui rétablie. Nous continuons à étudier les opportunités susceptibles de soutenir cette croissance durable » poursuit François Sordet, CFO du groupe. 

Avec une flotte de 159 navires opérant dans plus de 30 pays, BOURBON poursuit son ambition : accompagner les acteurs majeurs de l’énergie en mer grâce à des services maritimes innovants et durables.  

Réussir ensemble
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Dernier-né de la flotte BOURBON, le Bourbon Evolution 810 entre en scène !

Le Bourbon Evolution 810 vient renforcer la flotte IMR (Inspection Maintenance Réparation) de BOURBON sur le segment des opérations subsea en eaux profondes. Dernier navire de la série Evolution, il marque une nouvelle étape après la mise en service des premiers Bourbon Evolution 800 au début des années 2010, déjà reconnus pour leurs performances en offshore profond. 

Dans un marché IMR caractérisé par une flotte mondiale vieillissante et peu renouvelée, ce nouveau navire permet à BOURBON de proposer une unité moderne et polyvalente, adaptée aux exigences actuelles des opérations subsea complexes. 

Conçu pour intervenir à des profondeurs de 2 500 à 3 000 mètres, le Bourbon Evolution 810 dispose d’une propulsion diesel-électrique, d’un positionnement dynamique DP3, de deux grues à compensation active de houle (150 t et 40 t) et d’un pont de 1 200 m². Il peut accueillir jusqu’à 105 personnes à bord et intègre également des capacités de lutte anti-incendie et anti-pollution. 

Le navire s'apprête à démarrer son premier contrat en Inde, renforçant ainsi la présence de BOURBON sur le marché subsea international.

 

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Regards croisés

Le maritime face au défi de la réduction des émissions

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Christelle LOISEL
Head of CSR - BOURBON
5 min
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Casper MARE
Head of QHSES - BOURBON

Dans un secteur maritime fortement dépendant des carburants fossiles, la réduction des émissions de CO₂ constitue un défi majeur. BOURBON s’engage dans cette transition à travers des initiatives afin d'améliorer l’efficacité énergétique de ses opérations, moderniser sa flotte et explorer de nouvelles solutions techniques. Objectif : réduire l’empreinte carbone des activités tout en maintenant un haut niveau de performance opérationnelle. Les explications de Christelle Loisel, Head of CSR, et Casper Mare, Head of QHSES. 
 
Comme beaucoup d’entreprises aujourd’hui, vous avez réalisé un bilan carbone. Quel rôle a-t-il joué dans votre réflexion environnementale ? 

Christelle Loisel : Le secteur maritime est directement concerné par les enjeux climatiques et énergétiques, et nous en sommes pleinement conscients. Nous avions besoin d’une vision claire et objective de notre impact environnemental. Le bilan carbone s’est donc imposé assez naturellement il y a quelques années comme un point de départ, pour mesurer précisément nos émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de nos activités, et surtout disposer d’une base solide pour agir. 
 

Quelles sont aujourd’hui les principales sources d’émissions de CO₂ identifiées dans nos activités ? 

C.L. : Sans surprise, la consommation de carburant de la flotte représente, de loin, la part la plus importante de nos émissions (+ de 70%). 
Il y a toutefois une spécificité propre à notre secteur : dans le cadre des contrats d’affrètement, le carburant est payé par nos clients. Cela signifie que BOURBON n’a pas, à lui seul, tous les leviers pour agir. La réduction de ces émissions passe nécessairement par une approche collaborative, en lien étroit avec nos clients et partenaires. 
À cela s’ajoutent les émissions liées aux achats de pièces et services pour la maintenance de notre flotte, aux commandes de constructions neuves ainsi qu’aux transport de nos marins. 
 

Quelles actions ont déjà été mises en place pour réduire l’impact environnemental ? 

Casper Mare : Historiquement, la flotte OSV de Bourbon comprend de nombreux navires diesel-électriques (près de 90 % aujourd’hui). Cela nous a donc toujours permis d’optimiser plus finement la consommation de carburant et de réduire les émissions. Depuis plusieurs années, BOURBON a engagé des actions très concrètes pour réduire son empreinte environnementale. L’un des leviers majeurs, c’est bien sûr la modernisation progressive de la flotte, avec l’intégration de navires plus performants sur le plan énergétique, notamment en matière de Crew Boats. 

BOURBON mène aussi des projets pilotes portant sur des solutions techniques innovantes. Ces projets font l’objet d’évaluations rigoureuses afin d’en mesurer les bénéfices réels, les conditions d’utilisation et les limites avant toute éventuelle généralisation. Parmi ces projets, citons la maitrise de la data pour une meilleure performance énergétique avec Opsealog, ou encore les robots nettoyeurs de coques. Dans le cadre de son partenariat avec Opsealog, BOURBON a, par exemple, déployé à grande échelle la solution Marinsights, à l’issue d’un projet pilote de six mois, mené en 2024 sur 25 navires. Grace au journal de bord électronique et à la plateforme Marinsights, les données collectées a bord (consommation de carburant, activité, routes, temps de stand-by) sont consolidées, analysées et restituées sous forme de rapports mensuels partages avec les équipages et leur management. Cette approche a pour objectif de favoriser l’adoption de bonnes pratiques opérationnelles fondées sur des données concrètes et comparables. 

Enfin, nous avons fait le choix d’une attitude d’ouverture. Réduire les émissions suppose d’accepter de tester des solutions nouvelles, même lorsque leur efficacité n’est pas encore totalement démontrée. En 2025, par exemple, nous avons participé en Angola à un test d’additif mené par TotalEnergies sur quatre de nos navires. Les biocarburants, de leur côté, ne sont pas encore une solution pérenne dans nos zones d’opération, notamment lié à la chaine d’approvisionnement et aux infrastructures nécessaires. Mais les choses évoluent. Et de notre côté, nous sommes prêts à nous engager dans toute solution allant dans le sens de la réduction des émissions — quelle qu’elle soit. 
 

Quels sont les objectifs de réduction d’émissions à moyen et long terme ? 

C.L. : Notre approche est volontairement progressive et pragmatique. Nous visons une réduction de 75 % des émissions de GES d’ici 2050 par rapport à 2020, en cohérence avec les scenarios de l’AIE – Agence Internationale de l’Energie (<2°C). Elle s’articule autour de l’échéancier suivant : 

• 2025–2030 : stabilisation de la flotte et mise en place des conditions de réussite ; 

• 2025–2035 : déploiement des leviers d’efficacité énergétique ; 

• 2035–2045 : intégration de solutions énergétiques bas carbone. 
 

Quel sera, selon vous, le principal défi pour accélérer la transition environnementale dans le secteur maritime ? 

C.M. : Le principal défi, à mon sens, c’est de réussir à réduire significativement les émissions carbones d’un secteur qui reste historiquement très dépendant des carburants fossiles, tout en préservant à la fois la performance opérationnelle et la compétitivité économique. 

Accélérer la transition environnementale suppose de relever plusieurs enjeux en parallèle. Il y a bien sûr la question des innovations technologiques, notamment autour des systèmes de propulsion et des carburants alternatifs. Il y a aussi la nécessité de mobiliser des investissements importants pour moderniser les flottes, ce qui ne peut pas se faire du jour au lendemain. 

Mais surtout, cette transition ne pourra réussir qu’à travers une coopération étroite entre l’ensemble des acteurs de la chaîne : les armateurs, les clients, et les acteurs du secteur de l’énergie. Personne ne peut avancer seul. 

L’enjeu est donc de trouver un équilibre durable entre transition énergétique, contraintes technologiques et exigences économiques, afin de construire progressivement un modèle maritime plus responsable et plus résilient.

Regards croisés
Panorama

Podcast Crew stories : Le quotidien d'un HSE officer !

1 min

Avec Crew Stories, BOURBON donne la parole à celles et ceux qui font vivre le Groupe au quotidien, en mer comme à terre. À travers cette série de podcasts, l’objectif est de partager des parcours, des expériences et des récits authentiques, au plus près des réalités opérationnelles. 
 

Dans ce nouvel épisode, rencontre avec Michael Marvin, HSE Officer à bord du MPSV Bourbon Enterprise. De son parcours dans la marine marchande à son engagement dans l’offshore, il revient sur un métier au cœur des opérations, où la sécurité guide chaque décision. 

Entre coordination des équipes, prévention des risques et exigence constante, il partage son quotidien, les défis de l’offshore et ce qui fait, selon lui, la force de BOURBON : une culture de la sécurité, du collectif et de l’exigence. 

Un témoignage concret et sincère, qui illustre l’engagement des équipes sur le terrain.

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